Erreur de programmation

VOL. 15 | No 5 | AVRIL 2026
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Par Mireille Chartrand, présidente du Journal communautaire Matapédia-et-les-Plateaux

Erreur de programmation

Avez-vous déjà jugé une personne à la première impression pour vous rendre compte un peu plus tard que votre jugement préalable vous avait induit en erreur? Il s’agit de l’effet de halo, un biais cognitif ou une programmation de notre cerveau pour construire un récit cohérent à partir de peu d’informations. Si le premier jugement est positif, le reste devrait être cohérent : si la personne a semblé gentille (ou belle), elle devrait être une bonne personne.

Depuis longtemps, on nous fait croire que notre cerveau est capable d’évaluer et de décider de façon rationnelle, dans notre vie de tous les jours comme au travail, et que la plupart des erreurs que nous faisons sont de « notre faute ». Or, notre cerveau n’a pas tellement changé depuis des millénaires et il fonctionne principalement selon le mode de rationalité limitée, c’est-à-dire d’agir vite et bien dans un monde où les informations et les dangers sont multiples. Notre cerveau n’a tout simplement pas les moyens de traiter toutes les informations disponibles et il doit donc se simplifier la tâche. Comment fait-il cela ? En prenant des raccourcis (les fameux biais cognitifs) qui, en se basant sur un nombre suffisant d’informations, fournissent une réponse satisfaisante et rapide à un problème.

Une des meilleures façons, à ce jour, de se prémunir de certains biais, dont celui de la tendance des personnes les moins qualifiées dans un domaine à surestimer leurs compétences (effet Dunning-Kruger), illustrée par certains politiciens célèbres, est d’utiliser l’intelligence collective, de demander l’avis de plusieurs personnes provenant de divers milieux et de travailler avec les autres pour trouver la solution la meilleure à des problèmes qui sont souvent complexes. C’est lorsque nous sommes seul.e.s que nous risquons le plus de faire un choix ou de prendre une décision inadéquate.

Vous verrez des exemples concrets de pratique du travail et des décisions collectives dans ce numéro : des conseils municipaux diversifiés, des organismes communautaires et des groupes qui fonctionnent de façon démocratique, avec l’apport de bénévoles engagé.e.s. C’est en travaillant ensemble et en prenant en compte les avis des autres que nous nous en sortons le mieux et que nous pourrons éviter les erreurs de programmation que sont les biais cognitifs. Bon printemps et à chacun.e, ses biais !

Pour aller un peu plus loin : La Blanche, Éric. Pourquoi votre cerveau n’en fait qu’à sa tête, Paris, First Éditions, 2020.

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