Des passionnés s’inquiètent du déclin du saumon atlantique, remettant en question l’arrivée massive du bar rayé. Pour éclairer cet enjeu, le biologiste David LeBlanc partage sa vision. Première espèce commerciale exploitée par les Européens, le bar rayé possède une unique frayère de 300 000 géniteurs dans la rivière Miramichi. Sa récente prolifération est le résultat de restrictions réglementaires des années 90 et fermeture d’une usine à papier qui rejetait effluents dans les frayères. Malgré la plus grande présence dans la rivière Matapédia, la productivité de saumoneaux demeure bien au-dessus de toute rivière au Québec, les études préliminaires sur sa diète démontrent une très grande préférence sur le gaspareau et une faible prédation sur les saumons. Les rivières, n’ayant pas de bar rayé comme la Matane et Métis, présentent un déclin du saumon plus marqué que la rivière Matapédia.
Le déclin du saumon est complexe et multicausal. En mer et dans l’estuaire, la prédation des phoques, les prises accidentelles par les chalutiers, les pêches au filet et l’aquaculture interfèrent avec les populations indigènes. En rivière, les habitats se détériorent, réduisant la survie des œufs et des tacons. Les pressions anthropiques s’accumulent : la villégiature détruit la végétation riveraine, l’agriculture intensive de patates à Saint-Quentin et les coupes forestières abusives accentuent l’érosion. Les variations hivernales des glaces bouleversent les cours d’eau et les sédiments étouffent les œufs. En été, le manque d’eau et les températures extrêmes créent un stress thermique. Les embarcations à moteur perturbent les poissons en les forçant à transiter de l’eau froide à l’eau chaude, causant des maladies épidermiques à l’automne. Il y a aussi des surprises, comme les inventaires actuels qui révèlent un retour positif de l’éperlan, cette année. De son côté, Peter Firth, guide depuis 50 ans, regrette l’effritement de la solidarité entre pêcheurs, nuisant à l’expérience sportive et induisant de mauvaises pratiques, notamment le manque d’éducation et les remises à l’eau négligentes.
Pour préserver le patrimoine de nos cours d’eau, appuyons les actions d’éducation et de restauration offertes par différents organismes locaux comme celles des bassins versant. Questionnons et communiquons les nouvelles informations pour comprendre et rester à l’affût. Les opinions sont diverses, il est donc crucial de travailler la solidarité pour le territoire et sa culture.